Ce dimanche de la mi-mai, la météo ne nous est pas favorable. Il a fait froid toute la semaine, à la limite des gelées.
Pour ce dernier week-end des vacances de l’ascension, les prévisions donnent un temps gris, avec de forts risques de pluie !
De plus ce matin, l’herbe est trempée. Cela commençait mal pour nos « Randominicains » et « Randominicaines ».
Mais la vie est faite d’espoir et de persévérance, nous nous préparons pour cette balade, et il fait beau !!!
Comme vous le savez, j’aime donner des noms à nos marcheurs et marcheuses du mercredi et/ou du dimanche.
Je n’en avais pas encore trouvé pour ceux du dimanche, voilà qui est fait :
Les Randominicains et Randominicaines.
Fabienne et Jean François seront nos guides, point de départ, Grumesnil 487 ha petite ville du 76.

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, le village est libéré le 31 août 1944 par les Anglais, dont six soldats y sont alors tués ce jour-là par une patrouille allemande en retraite.
9h ou un peu plus, il est temps de partir pour 12 km environ, au programme, un parcours en forêt, quelques chemins ruraux et de petites routes goudronnées, passeront sous nos semelles et bâtons.
Commençons par la forêt.

Comme souvent, c’est Peter qui ouvre la marche.

Salut Nelly, tout baigne, le temps est clément, frais mais sec.

Fabienne et Françoise suivent, tout va bien !
Sortons du bois direction un champs fraîchement labouré.


Il faut monter, remarquez au passage tous les silex assez répandus dans notre région..
Nous appellerons cette photos un instantané ! Lucie semble discuter avec Nelly ?

Une première rencontre sur notre gauche, non pas Daniel qui simule son enfermement dans la cage !
Mais une grande tour, isolée.
Observons de près ce pylône, une antenne relais, protégée en partie seulement par un grillage ? Bizarre.
Poursuivons.

Après nous être rapprochés, encore plus étrange, une porte bien fermée avec une chaîne et un cadenas, mais plus de grillage autour, tout est libre de passage. C’est une antenne « Free mobile » il ne reste qu’un panneau et la porte.
En s’approchant, nous découvrons que tout le grillage en périphérie a disparu, au sol les boulons scellés dans la dalle de béton, et les écrous dévissés abandonnés également ! Rapidement nous comprenons :
« Élémentaire mon cher Watson » sans être Sherlock, nous concluons que des voleurs se sont introduits au pied de cette antenne et ont tout dérobé, les grilles et câbles électriques certainement en cuivre.
Photo pour preuve, Olivier est outré comme nous tous !

Poursuivons dans un nouveau passage en sous-bois


Nous sortirons après quelques hectomètres et retrouverons un nouveau « tunnel » de verdure puis la première route goudronnée.
Mais avant, pour le plaisir un paysage verdoyant, un champs d’escourgeons que nous longerons. Quelques précisions s’imposent sur cette céréale, que vous découvrirez quelques lignes plus bas.

La voilà notre route de bitume hors de prix en ces temps « agités » mais c’est une autre histoire.

Un moment rare mais qui peut arriver au cours de nos randos, un ennemi redoutable, que personne n’aime rencontrer :
« Le DOUTE ».

C’est ce qui envahit notre gentil guide Jean François.
Sommes nous sur la bonne route. ? Fallait il tourner à droite au dernier croisement ? Non c’était plutôt à gauche ? Si nous continuons tout droit ou arrivons nous ? Combien de kms en plus ?
Des questions pour l’instant sans réponse.
Nous avons confiance en lui, mais nous ressentons son inquiétude.
Tous arrêtés silencieux, attentifs, nous attendons. Que peut on faire pour l’aider ?
Fabienne penchée sur son smartphone cherche aussi le bon itinéraire.
JF, interroge son téléphone, il analyse, décortique les données affichées sur son Appli GPS, ce superbe outil, né de la réflexion de 2 ingénieurs américains en 1958.
Mais c’est toujours « Le DOUTE » qui règne en maître des lieux ! Que faire de plus ?
Laissons nos guides en pleine méditation.
Faisons une courte pose historique.
Naissance du GPS – Global Positioning System
George Weiffenbach et William Guier découvrent qu’à partir du signal émis par « Spoutnick » (le 1er satellite de l’histoire conçu par les soviétiques) on peut déterminer la position exacte de l’engin spatial.
Leur patron, Franck McClure, leur propose de travailler sur le processus inverse : localiser un point sur Terre grâce aux satellites. Le concept de GPS est né.
Un premier projet pilote, Transit, est lancé avec la marine américaine qui souhaite localiser ses sous-marins. Au départ il faut plusieurs heures pour obtenir une position. Cet ancêtre du GPS, dont le premier satellite est mis en orbite en 1959, a compté jusqu’à 10 satellites opérationnels et a fonctionné jusqu’en 1996.
L’accès du GPS est ouvert aux civils après qu’un avion de ligne ait été abattu par erreur
Un second projet militaire, Navstar-GPS, débute avec le lancement d’un premier satellite en 1978. Cinq ans plus tard, un avion de ligne sud-coréen avec 263 passagers à bord, égaré au-dessus de l’URSS, est abattu. Ce drame convainc le gouvernement américain d’ouvrir le GPS aux civils. En 1995, il est pleinement opérationnel grâce à un maillage de 24 satellites. Apparaissent alors les premiers appareils commerciaux comme les TomTom et, au tournant des années 2000, ils commencent à équiper les téléphones mobiles. Dans les années 1980, on obtenait une position à 10 mètres près. Aujourd’hui, un smartphone offre une précision de 4 à 5 mètres. Pour des questions stratégiques, la Russie, la Chine et l’Europe se sont dotées de leur propre réseau. En service depuis décembre 2016, Galileo, le système européen, promet à terme d’offrir une précision de quelques centimètres.
Revenons en 2026.
Toujours concentré sur la carte, se dessinent des lignes bleues, rouges ou noires, tous sont des chemins possibles !
Nous sommes avec toi, JF, la réponse est là, tracée devant tes yeux. Des perles de sueur apparaissent sur son front généreux, et soudain, pas de cri mais un soulagement se lit sur son visage, la tête se redresse…
Ça y est il a trouvée.
Il faut aller tout droit !

Admirez ces visages souriants, nous sommes de nouveau sur la bonne route, en avant, l’aventure continue, et nous n’aurons pas fait de km en plus !
Bravo et merci à nos guides Fabienne et Jean François.
Au fond un cercle de lumière, c’est notre destination. Entrons nous dans un autre univers ? un nouvel espace temps ?
Peter fonce tête baissée, Jacqueline est inquiète ?

Non, nous avons franchi une frontière, une limite départementale, au-revoir l’Oise, bonjour à la Seine-Maritime ! Qui n’est plus inférieure !

Une belle image, je suis toujours impressionné par ce camaïeu de verts, encore de l’escourgeon en premier plan.

L’escourgeon, appelé aussi orge d’hiver à six rangs, sucrion ou soucrillon, est une plante annuelle de la famille des Poaceae (gramineae), cultivée aujourd’hui souvent comme céréale à paille. C’est une sous-espèce de l’orge commune dont les épis comptent six rangées de grains. On dit orge à six rangs, par opposition aux orges à deux rangs qui peuvent être de printemps ou d’hiver.
Elle est cultivée depuis la préhistoire
C’est une culture plutôt fourragère que brassicole. Elle est dite bas intrant car les besoins nutritifs tout au long de son cycle cultural se manifestent par de faibles apports d’engrais, pour un rendement à l’hectare allant de 65 à 95 quintaux du sud au nord de la France.
L’escourgeon était le nom donné au 4e jour du mois de fructidor du calendrier républicain français et sucrion celui donné au 7e du même mois.
Petit rappel , les principales Céréales
Le blé
La plus cultivée au monde avec le maïs et le riz. Le blé tendre (froment) pour les farines et le pain, et le blé dur, plus riche en gluten, utilisé pour les semoules et les pâtes.
Blé anciens (engrain, épautre, petit épautre)
Le maïs
Céréale emblématique des civilisations précolombiennes. Très riche en amidon, il fournit la semoule fine de la polenta, les tortillas, le pop-corn. Naturellement sans gluten
Le riz
Aliment de base de + de la moitiés de l’humanité, le riz complet conserve son enveloppe et reste plus riche en magnésium, phosphore et fibre que le riz blanc. Les variétés colorés (riz rouge, noir, violet)
sont riches en polyphénols.
L’orge
Céréale ancienne utilisée pour l’alimentation humaine( orge perlée, orge mondée) la brasserie (malt) et l’alimentation animale.
Le seigle
Plus rustique que le blé, il pousse sur des sols pauvres. Le pain de seigle est dense, riche en fibres, d’index glycémique modéré. Céréales traditionnelles du Nord et Est de l’Europe.
L’avoine
Riche en bétaglucanes solubles, en fibres en magnésium et en protéines. Elle se consomme en flocons en son, en boissons végétale ou en farine. C’est une des céréales dont les bienfaits pour la santé cardiovasculaire sont les mieux documentés.
Autres céréales cultivées en France :
Alpiste, Amarante, Méteil*, Millet, Quinoa, Sarrasin – blé noir **, Sorgho, Triticale, Tritordeum.
- le méteil n’est pas une céréale en soit, mais un mélange de plantes, composé en partie de céréales.
** le blé noir correspond à la même plante que le sarrasin et pourtant ce n’est pas exactement une vraie céréale. Curieux n’est ce pas ?

Poursuivons notre route autour de Grumésnil, très inquiétant ? une haie colonisée par de nombreuses chenilles.
Mais elles sont sans danger se ne sont pas des Processionnaires, mais des Hyponomeutes.
Elles tissent de grandes toiles d’où leur surnom de « chenille tisseuse »

Assez rare pour être immortalisé ce jeune bovin peu farouche, s’approchant du photographe, qui en a profité pour « shooter ».

Avec cette météo pluvieuse, il n’est pas surprenant de rencontrer ce genre de passage « délicat » !

Glissant et salissant !

Que chacun maîtrise parfaitement.
Autre obstacle, un passage en forêt, un terrain plus sec mais à franchir avec attention et prudence

A la sortie de cette belle forêt, toujours d’immenses champs de céréales mais si vous regardez attentivement, les capuches et bonnets sont de nouveaux en protection, il pleut, un petit crachin nous accompagne


Une image pour Françoise, une « Clématite hybride de Jackman »
Voila notre parcours dominical est terminé, c’était une belle balade.
Bonne semaine
Christian
Encore une photo les Randominicains et caines de ce jour.
Dicton du jour :
« Heureux comme des randonneurs qui arrivent à l’heure »
